Récit d’enfance
Kasmy: mes parents m'ont transmis la passion de servir Dieu
Kasmy · 17 septembre 2026
Une maison près de l'Église
Quand je repense à mon enfance à Matadi, l'image me revient est celle de notre maison, située juste à proximité de l'église.
Elle était tellement proche que je pouvais parfois suivre le culte depuis la fenêtre.
J'ai quitté Matadi vers l'âge de 16 ans. Pourtant, même après avoir quitté cette ville, une grande partie de ce que j'y ai vécu est conservé en moi.
Aujourd'hui, lorsque je regarde mon parcours, je me rends compte que mon enfance a posé des fondements importants dans ma vie.
Mais à l'époque, j'étais simplement un enfant.
Et pas forcément le plus calme !
J'étais un enfant turbulent
J'étais un enfant un peu turbulent.
Après l'école, j'aime beaucoup jouer avec mes frères et les enfants du voisinage. Avec mes frères et sœurs, j'étais même un véritable provocateur.
À l'école aussi, j'étais turbulent. En primaire, j'étais dans une école catholique et les sœurs religieuses rapportaient souvent mes bêtises à ma mère, qui travaillait non loin de l'école.
Mes parents étaient assez stricts. Je ne me souviens pas d'une réaction particulière à mes bêtises, mais ils me réprimandaient comme ils l'auraient fait avec n'importe quel enfant qui avait la même attitude.
Puis, au début de mon adolescence, je suis devenu beaucoup plus calme.
Quand j'y repense aujourd'hui, ce contraste entre l'enfant que j'étais et l'homme que je suis devenu me fait sourire.
Une maison « un peu bouillante »
Je viens d'une famille nombreuse. Alors forcément, l'ambiance à la maison était souvent, comme je le disais, « un peu bouillante ».
Il y avait beaucoup de vie.
Mais au milieu de cette agitation, nous avions aussi nos habitudes.
Le soir, avant d'aller dormir, nous nous rétrouvions autour de la table pour prier en famille.
La prière faisait partie de notre quotidien.
Et puis, il y avait la musique.
J'étais le « batteur de la maison ».
J'aime beaucoup jouer du tam-tam. J'étais déjà batteur dans la chorale de mon école et je jouais à la messe.
À la maison, je me servais d'un seau.
Plus tard, j'ai appris à jouer de la batterie tout seul.
Quand je repense à ces moments aujourd'hui, je vois surtout un enfant qui aimait jouer, découvrir et participer à la vie qui l'entourait.
Je ne savais pas encore que certaines de ces passions allaient prendre une autre dimension plus tard.
La foi faisait partie de notre quotidien
J'avais de bonnes relations avec mes parents. Ce que je retiens particulièrement d'eux, c'est une vie de prière constante.
Ils m'ont informé à prier dans chaque circonstance.
Mes parents étaient engagés dans l'œuvre de Dieu et servaient comme des diacres. Comme notre maison était située près de l'Église, elle accueillait aussi beaucoup de frères et sœurs de la communauté.
L'Église occupe donc une place importante dans notre quotidien.
Et, enfant, je le vivais plutôt bien.
Ce n'était pas pour moi une simple obligation. Nous étions nés dans cet environnement et nous avions grandi avec ce mode de vie.
Ma foi s'est construite progressivement à travers les différentes activités auxquelles nous étions exposées.
À l'époque, je ne mesurais évidemment pas tout ce que ces expériences allaient produire en moi.
Aujourd'hui, je peux davantage en comprendre l'importance.
« On ne sera pas toujours avec papa et maman »
Mes parents nous ont transmis des valeurs chrétiennes, mais ils nous ont aussi appris très tôt à être responsables.
Ils nous répétaient une phrase que je n'ai pas oubliée :
« Les jours qui viennent, on ne sera pas toujours avec papa et maman. »
Cette responsabilité se traduisait concrètement dans notre quotidien.
Par exemple, mes frères et moi avions la charge de préparer les repas. Ma mère avait repris ses études supérieures alors que mes petites sœurs étaient encore petites. Nous cuisinions donc à tour de rôle.
À l'époque, c'était simplement notre quotidien.
Mais cette habitude nous a beaucoup aidés lorsque nous avons commencé à vivre loin de nos parents.
À l'internat, qui fonctionnait en demi-pensionnat, nous devions cuisiner nous-mêmes.
Nous avions déjà appris à nous débrouiller.
J'ai commencé à vivre loin de mes parents dès l'âge de 16 ans, d'abord à l'internat, puis à Kinshasa.
Avec le recul, je comprends mieux ce que mes parents voulaient nous transmettre.
Ils savaient qu'ils ne seraient pas toujours là.
Alors ils nous préparaient à devenir autonomes.
Joseph, un personnage qui m'avait marqué
En grandissant, j'ai aussi commencé à comprendre différemment certaines choses que mes parents avaient mises en place pendant mon enfance.
Je pense notamment à ce que dit Proverbes 22:6 "Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas."
Mes parents nous avaient exposés à la vie de l'Église et à une vie régulière de prière. Ils nous achetaient aussi des films sur les héros de la Bible.
Je me souviens des films sur Jésus, Salomon, Moïse et Joseph.
Mais c'est surtout Joseph qui m'avait marqué.
J'ai beaucoup regardé ce film et j'en garde encore l'image aujourd'hui. Je garde notamment l'image de la famille de Jacob.
Joseph était aussi le personnage auquel je m'identifiais.
Avec le recul, je comprends que ce qui m'attirait particulièrement chez lui était sa crainte de Dieu.
C'est quelque chose qui résonne encore avec moi aujourd'hui.
Le baptême à 12 ans
Parmi les souvenirs que je garde de mon enfance, il y a aussi mon baptême.
J'avais 12 ans.
J'avais suivi des enseignements avant et après mon baptême. Je me souviens particulièrement du temps de prière avant ce moment et de la personne qui m'avait baptisé.
Le baptême avait eu lieu à l'Église, dans la piscine.
C'est un souvenir qui est resté avec moi.
Je garde également de bons souvenirs des colonies de vacances. Ce sont des moments qui font partie des souvenirs positifs de mon enfance.
Les fondations que je porte encore aujourd'hui
Aujourd'hui, je vis loin de Matadi.
Et lorsque je regarde le chemin parcouru, je peux dire que l'homme que je suis aujourd'hui repose sur les fondements de mon enfance.
Si je devais en citer trois, je parlerais de la crainte de Dieu, de la passion pour les choses de Dieu et du service.
- La crainte de Dieu
Je l'ai informé de mes parents.
Avec le temps, ce n'est plus simplement devenu quelque chose que j'avais reçu : c'est devenu mon mode de vie.
- La passion pour les choses de Dieu
La passion du service m'a amené à faire beaucoup de choses et à apprendre différentes compétences.
La photographie, le graphisme, le montage, l'installation d'écrans géants…
À travers le service, j'ai appris et découvert beaucoup de choses.
- Servir Dieu
J'ai vu mes parents servir Dieu sans condition.
Je ne les ai pas seulement entendus parler du service. Je les ai vu le vivre.
Et aujourd'hui, je fais la même chose.
C'est probablement l'un des héritages les plus importants que j'ai reçus d'eux.
Ce que je dirais à l'enfant que j'étais
Si je pouvais retourner quelques minutes auprès de l'enfant que j'étais, je lui dirais :
« Jeune homme, attaché-toi aux choses de Dieu. Tu ne le regretteras jamais. Dieu nous prépare toujours avant d'être exposé. »
Quand je regarde mon enfance aujourd'hui, je ne vois pas une enfance parfaite, mais une enfance faite de choses simples et essentielles.
Je vois un enfant turbulent, une grande famille, une maison pleine de vie, des jeux avec mes frères et les voisins, des prières autour de la table, un eau transformée en instrument de musique, l'école, l'Église, le service de mes parents et toutes ces petites choses qui étaient simplement partie de notre quotidien.
À l'époque, je ne savais pas encore tout ce que ces expériences allaient produire en moi.
Aujourd'hui, je peux regarder en arrière et reconnaître les fondations.
La crainte de Dieu.
La passion pour les choses de Dieu.
Le goût du service.
Des choses que j'ai reçues enfant et que je porte encore aujourd'hui.
